Les ministères de l'Ecologie et de la Santé ont décidé hier la création d'un groupe d'appui scientifique chargé de coordonner l'ensemble des recherches sur la pollution aux PCB qui touche les principaux fleuves français.

Les PCB se fixent dans la chair des poissons
Il s'agit notamment de comprendre comment les PCB passent dans la chair des poissons ou dans les sédiments des fleuves.
Interdits à la vente en France depuis 1987, les PCB (polychlorobiphényles), aux vertus isolantes et notamment utilisés dans les transformateurs, peuvent entraîner des troubles hépatiques et cutanés. Ils se fixent essentiellement dans les tissus des poissons les plus gras, ce qui a conduit les autorités à interdire par endroits la consommation de certains poissons.
Depuis septembre 2005, 32 arrêtés préfectoraux (dont 9 ont été abrogés à ce jour) interdisant la pêche et la consommation de poissons ont été pris dans les principaux bassins français : Rhône, Seine, Somme, Isère, ainsi que dans les lacs d'Annecy, du Bourget et de Léman.
Face aux inquiétudes des riverains, un plan national d'action a été lancé en février à l'initiative du ministère de l'Ecologie, associant la Santé et l'Agriculture et doté d'un budget de 8,5 M d'euros.
Analyses chez les consommateurs de poissons
Le comité de suivi lancera par ailleurs une étude d'imprégnation des consommateurs réguliers de poissons d'eau douce début 2009 auprès de 900 personnes (Rhône, Seine, Rhin, Garonne et Somme).
Le compte-rendu final sera présenté début 2011, mais les premiers résultats seront connus courant 2010, s'est félicité le député du Rhône (UMP) Philippe Meunier, auteur d'un rapport parlementaire en juin.
"Il est essentiel de pouvoir formuler des recommandations à la population sur des bases scientifiques et non plus sur le seul principe de précaution", a-t-il souligné. Celles de l'Afssa sont attendues d'ici juin 2009.
En cause : le vandalisme des transformateurs abandonnés
L'Ademe (Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie) a conduit un inventaire sur la base des données fournies par les départements, faisant état de 545.610 appareils en fonction contenant des PCB.
Les plus contaminés (au-delà de 550 ppm parties par million) devront avoir été éliminés d'ici fin 2010 et les autres à leur terme d'utilisation.
Selon la fédération France Nature Environnement (FNE), cet inventaire est incomplet. FNE, qui fut l'une des premières à sonner l'alerte en 2005 et participe au comité de suivi, s'inquiète du vandalisme contre les transformateurs abandonnés.
"Quand ils ne sont pas mis en lieu sûr pour être décontaminés, ils sont vite repérés et vandalisés par les récupérateurs de métaux qui cherchent notamment le cuivre" et libèrent ainsi d'importantes quantités de PCB dans la nature, explique Alain Chabrolle, chargé du dossier PCB à la FNE.
Les petites communautés sont les plus exposées : EDF sait faire, mais les autres (mairies, hôpitaux, usines qui mettent la clé sous la porte...) ne sont pas toujours informées, ajoute-t-il, en souhaitant que ce vandalisme écologique soit pris au sérieux par les services de police.