Après avoir travaillé sur des rapports pilotés par l'agence sanitaire environnement et travail (Afsset) sur les effets des lignes à haute tension ou sur les antennes-relais, des experts s'en sont pris à l'agence aujourd'hui accusée d'avoir "trompé le public" et "bafoué l'expertise scientifique" dans ces deux cas.
Martin Guespereau, directeur général de l'Afsset, a rétorqué que son rôle était de faire le lien entre évaluation du risque et décideurs, et donc de "faire des recommandations de gestion du risque".
Les décisions prises par l'Afsset
S'appuyant sur le rapport sur les antennes-relais, l'Afsset, estimant qu'il n'était "plus temps de ne rien faire" s'était prononcée en octobre pour une réduction des expositions aux ondes.
Concernant les lignes à très haute tension, l'Afsset avait estimé nécessaire en avril de clarifier leur effet sanitaire, suite à des "associations statistiques claires" entre l'exposition aux champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences et les leucémies infantiles, même si aucun lien de cause à effet n'avait été "clairement identifié".
Ces experts reprochent à l'Afsset d'avoir recommandé la création d'une zone d'exclusion de 100 mètres autour des lignes à très haute tension pour les nouvelles constructions recevant du public. Pour eux, cela contribue à "inquiéter inutilement les 300.000 riverains des lignes de transport de l'électricité". "Les riverains ont besoin de toute l'information et de toute la lumière sur les éléments scientifiques" a réagi Martin Guespereau.
Des membres du conseil d'administration de l'Afsset ont réagi à ces attaques
François Desriau, porte-parole de l'Association de défense des victimes de l'amiante, a dit : "l'Afsset a suivi scrupuleusement la méthodologie scientifique" et est "parfaitement dans son rôle". Selon lui, il s'agit d'"une attaque en règle parfaitement orchestrée par les lobbies contre le principe de précaution".
Pour José Cambou (France Nature Environnement), "le domaine des risques émergents est un domaine d'incertitude" et que "mettre en cause le principe de précaution est une bataille historique dépassée", basée sur le "principe d'immobilisme".