Après analyse des études liant l'exposition aux champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences et les leucémies infantiles, l'Agence de sécurité sanitaire environnement et travail (Afsset) a décidé d'aller plus loin et de clarifier l'effet sanitaire des lignes à très haute tension.
L'Afsset note que des "associations statistiques claires" ont été "identifiées par plusieurs études entre l'exposition aux champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences et les leucémies infantiles" mais qu'"aucun mécanisme d'action n'a pu être décrit et aucun lien de cause à effet n'a été non plus clairement identifié".
Pour pallier "cette incapacité durable à identifier un mécanisme d'action biologique", l'Afsset recommande de reprendre ou de poursuivre les études épidémiologiques en s'appuyant sur une description robuste de l'exposition aux champs électromagnétiques d'extrêmement basses fréquences, notamment par le recours aux nouvelles techniques de mesure des expositions individuelles.
Elle suggère notamment l'utilisation de "mesures directes de l'exposition individuelle réelle" et le renforcement de la recherche sur "les causes possibles des leucémies infantiles".
Elle suggère aussi la création d'une zone d'exclusion d'au moins 100 m autour des lignes à très haute tension pour la construction de certains établissements, comme hôpitaux et écoles, et à l'inverse pour la mise en place de nouvelles lignes à proximité de ces établissements. Ainsi que la réduction de l'exposition professionnelle, dans le cadre de la protection des travailleurs.
L'Afsset recommande aussi de renforcer la recherche sur les causes possibles des leucémies infantiles. Au-delà, la recherche d'autres effets potentiels de ces champs doit également être renforcée (hypothèse de l'implication de ces champs dans des pathologies neurodégénératives), telles que maladie d'Alzheimer ou sclérose latérale amyotrophique.
L'Afsset considère néanmoins qu'à ce jour "les preuves scientifiques d'un possible effet sanitaire à long terme sont insuffisantes pour justifier une modification des valeurs limites d'exposition". Enfin des études devront cibler les travailleurs, exposés à de plus forts niveaux.
L'Afsset conseille également d'associer les populations locales aux études de caractérisation de l'exposition, en les impliquant dans la définition des objectifs et en les informant des résultats.
Dans l'attente, l'Afsset recommande de ne pas installer ou aménager de nouveaux établissements accueillant des enfants (écoles, crèches...) à proximité immédiate des lignes à très haute tension, et de ne pas implanter de nouvelles lignes au-dessus de tels établissements.
Par ailleurs, les experts de l'Afsset partagent les conclusions du consensus international (OMS, 2007) qui considère que les preuves scientifiques d'un possible effet sanitaire à long terme sont insuffisantes pour justifier une modification des valeurs limites d'exposition actuelles.
L'Afsset avait été saisie en juin 2008 par les ministères concernés d'une expertise relative aux champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences (essentiellement les lignes à très haute tension, mais aussi les transformateurs, voies ferrées, machines à souder, fours à induction, cuves d'électrolyse....).