Quatre produits de consommation contenant des nanoparticules ont été analysés par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement. Ces produits sont des chaussettes "antibactériennes", du lait solaire, du ciment auto-nettoyant et de la silice alimentaire. Le verdict...
Concernant les chaussettes sans odeurs grâce à des nanoparticules d'argent aux propriétés antibactériennes, le jugement est "plutôt sévère.
Elles entraînent une exposition cutanée "non négligeable" à un produit dont les "risques ne peuvent pas être estimés" et "ne peuvent donc pas être exclus".
Ces chaussettes peuvent avoir "un impact sur l'environnement absolument majeur" selon le directeur général de l'Agence, Martin Guespéreau, car le nano-argent qui disparait dans l'eau de lavage risque de perturber les stations d'épuration ou certains poissons.
Si 10 % des chaussettes vendues en France contenaient du nano-argent, "18 tonnes d'argent seraient rejetées chaque année dans les eaux superficielles" selon Dominique Gombert, chef du département d'expertise de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement.
Pour le lait solaire contenant des nanoparticules de dioxyde de titane (Ti02) destinées à mieux protéger contre les UV, des études récentes montrent la possibilité que ces particules se retrouvent dans la couche profonde de l'épiderme.
Des questions subsistent concernant notamment l'utilisation de ce produit sur une peau brûlée par le soleil ou lésée. Etant donné ces incertitudes, "les risques ne peuvent être exclus" selon l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement.
En ce qui concerne le ciment auto-nettoyant au Ti02, il pourrait présenter des risques pour les bricoleurs ou professionnels exposés par voie respiratoire à ces nanoparticules.
Il existe en outre de "fortes incertitudes concernant l'exposition" faute d'études permettant de savoir si ces particules risquent d'être disséminées dans l'environnement lors de la dégradation des constructions.
"Les personnes souffrant d'une pathologie respiratoire, plus vulnérables aux réactions d'inflammation du système respiratoire que pourrait engendrer l'inhalation de ces nanoparticules, constituent une population sensible" selon l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement.
Pour la silice alimentaire nanométrique utilisée notamment pour éviter que sel ou sucre en poudre s'agglomère, "le risque ne peut pas être évalué, il ne peut donc pas être exclu" selon un avis adopté le 15 mars par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement