Un responsable de l'organisation Médecins sans frontières, El-Shafii Muhammed Ahmad, a annoncé mardi (5 octobre) que plus de 400 enfants étaient morts... d'empoisonnement au plomb dans l'Etat de Zamfara situé dans le nord-ouest du Nigeria au cours des six derniers mois. Tous étaient âgés de moins de cinq ans selon l'organisation humanitaire.
Pour MSF, les chiffres actuels ne reflètent pas la réalité
"Les rapports faisant état de plus de 400 décès d'enfants de moins de cinq ans sont une sous-estimation car beaucoup de décès liés au plomb ne sont pas rapportés dans de nombreux cas. Ces communautés les attribuent à d'autres facteurs, ou bien les nient » a expliqué El-Shafii Muhammed Ahmad.
Un chiffre encore plus élevé ?
Et le nombre de morts pourrait encore augmenté dans les semaines qui arrivent. "La crise liée à la pollution et à l'intoxication au plomb dans l'Etat de Zamfara est loin d'être terminée. En fait, nous n'avons vu que la partie visible de l'iceberg" selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). "La plupart des contaminations et des décès ne sont pas rapportés" estime le PNUE dont le rapport a été rédigé après une visite de quatre experts.
Comment ces empoisonnements ont-ils été révélés ?
Il y a quelques mois, des villageois à la recherche d'or dans une mine, ont ramené dans leurs villages des blocs de roche sans savoir qu'ils étaient contaminés. La terre, l'eau a été contaminée ainsi que de nombreux villageois, notamment en inhalant des particules de poussière émanant des roches concassées. Les enfants sont particulièrement vulnérables face à cette affectation.
En dépit de tous ces décès, les villageois redoutent que la recherche d'or artisanale soit interdite après cette catastrophe. Pourquoi ? Parce que la plupart d'entre eux sont pauvres et que cette activité rapporte plus que l'agriculture.
L'ONU a averti mardi que la contamination au plomb se propageait actuellement dans l'Etat du nord-ouest.
En septembre, l'ONU estimait que 18.000 villageois pourraient avoir été touchés.