Et si le moustique, aujourd'hui ennemi, devenait un allié dans un futur plus ou moins proche ?
Des chercheurs japonais ont indiqué que le moustique, qui véhicule le paludisme, pourrait se transformer en... vaccinateur.
Les scientifiques de l'Université médicale de Jichi (région de Tokyo) ont réussi à modifier génétiquement un moustique afin que sa salive contienne une protéine servant de vaccin contre la leishmaniose, une fièvre à phlébotome potentiellement mortelle.
Un essai déjà transformé sur une souris
Une souris piquée par ce moustique transgénique a développé un anticorps contre cette maladie, a expliqué mercredi le professeur Shigeto Yoshida. Selon lui, des moustiques pourraient aussi être modifiés génétiquement pour vacciner contre le paludisme d'ici à une dizaine d'années.
"Le vaccin serait imperceptible. Pas besoin de médicament, inutile de se déplacer dans les centres de vaccination et en plus ce serait gratuit" a déclaré ce spécialiste du paludisme. Se faire piquer plusieurs fois ne ferait que renforcer l'immunité, a-t-il ajouté.
C'est pour quand ?
La naissance de ce "moustique antipaludique" devra toutefois attendre la mise au point d'un vaccin efficace contre la maladie, nécessaire à la modification génétique de l'insecte. Selon certains scientifiques, ce vaccin pourrait être breveté d'ici trois à cinq ans.
Le paludisme lié à la pauvreté
De nos jours, l'Organisation mondiale de la santé préconise de soigner les malades via des associations médicamenteuses comportant de l'artémisinine.
"Ce traitement fonctionne mais est inaccessible pour des nombreuses personnes qui ont à peine de quoi manger" a souligné Shigeto Yoshida.
"Le paludisme est intrinsèquement lié à la pauvreté. Ce vaccinateur volant pourrait donc avoir son importance".
Dans d'autres travaux publiés en novembre 2009, des chercheurs américains ont indiqué avoir modifié génétiquement des moustiques, afin que leur organisme détruise le parasite responsable du paludisme qui se développe dans leur corps.
Le saviez-vous ?
Le paludisme tue plus d'un million de personnes par an dans le monde, surtout des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes, en particulier en Afrique subsaharienne où un enfant meurt toutes les 30 secondes des suites de la maladie.