Aujourd'hui a lieu la première réunion du "Grenelle des ondes", qui aborde la délicate question des antennes-relais.
Cette réunion engage une série de trois autres, qui devraient prendre place d'ici à la fin mai dans le cadre de la « table ronde radiofréquences, santé et environnement ».

Des associations dénoncent l'organisation de cette première réunion
Pour les associations Agir pour l'environnement et Priartém (Pour une réglementation des implantations d'antennes-relais de téléphonie mobile), cette réunion est organisée dans « la précipitation et l'improvisation ».
Les deux associations déplorent en effet que le « collège ONG » n'ait pu « faire appel qu'à deux experts en tout et pour tout, réduisant significativement la possibilité d'ouvrir un débat constructif ».
C'est pourquoi ces associations demandent une nouvelle session de dialogue en juin, « afin de permettre l'expression de la diversité scientifique sur un sujet particulièrement brûlant ».
Des associations réclament une baisse drastique des seuils d'exposition aux ondes
Les associations Robin des toits, Priartém et Agir pour l'environnement, proposent ainsi de tester le seuil de 0,6 volts par mètre d'exposition pour les antennes de téléphonie mobile, dans plusieurs villes pilotes. Or, actuellement en France, les valeurs limites d'émission des antennes sont de... 41 à 61 volts par mètre (selon les fréquences utilisées).
Les valeurs actuellement utilisées en France correspondent aux seuils suggérés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Commission européenne.
« Nous avons demandé à plusieurs communes qui sont volontaires » de tester ce seuil d'exposition, à la fois en zone rurale et en zone urbaine, affirme Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des toits. « Ce serait une expérience en grandeur nature », qui « permettrait de bien anticiper ce qui se passerait si on passait au seuil d'exposition de 0,6 V/m », précise t'il.
Si le "Grenelle des ondes" retenait cette idée, l'expérimentation pourrait ainsi être menée à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Le Vigan (Gard) et Niergnies (Nord).
L'AFOM conteste une telle réduction des seuils d'exposition
Pour l'AFOM (Association française des opérateurs mobiles), il s'agit là d'une demande « irréaliste, en plus d'être sans fondement sanitaire ». L'AFOM estime par ailleurs que ce chiffre « signifierait tout bonnement la fin des moyens de communication modernes ».

Les ondes au centre du débat
La question de l'impact sanitaire des ondes divise les experts et, si rien n'est encore scientifiquement prouvé sur des éventuels effets négatifs, les craintes augmentent.
Pour l'Association Santé Environnement France (Asef), qui assure représenter plus de 1.000 médecins, certaines personnes peuvent être plus fragiles aux effets des champs électromagnétiques que d'autres. Il s'agirait des électrosensibles, des travailleurs exposés à un bain d'ondes permanent, des enfants ou encore des femmes enceintes.
L'Association française des opérateurs mobiles (Afom) estime quant à elle que l'inquiétude autour des ondes « n'a pas de fondement scientifique ».
Jean-Marie Danjou, délégué général de l'Afom, rappelle par ailleurs que l'Etat impose aux opérateurs de téléphonie mobile de couvrir la quasi-totalité du territoire, et que les opérateurs ne peuvent «pas être dans l'obligation à la fois d'installer des antennes-relais et de les démonter ».