L'amiante chrysotile, la forme la plus répandue de ce produit, a échappé à l'inscription sur la liste internationale des produits dangereux en raison de l'absence de consensus entre les représentants de plus de 120 pays réunis à Rome, selon un communiqué.
L'amiante a un caractère cancérigène
L'amiante chrysotile est la forme la plus utilisée d'amiante et représente 94 % de la production totale de ce produit : elle est notamment interdite par l'Union européenne.
"De nombreux gouvernements ont exprimé leur vive inquiétude" à propos de cette non-inscription, souligne le communiqué commun publié par l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) à l'issue de la réunion. Il rappelle notamment que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une déclaration pendant la réunion de Rome pour rappeler le caractère cancérigène de l'amiante qui provoque chaque année le décès de 90.000 personnes.
L'amiante, au cœur d'intérêts commerciaux canadiens
Le résultat de la réunion de Rome intéressait plus particulièrement le Canada, un des principaux exportateurs d'amiante chrysotile.
De nombreuses voix s'étaient élevées au Canada avant la réunion de Rome pour demander à Ottawa de ne pas s'opposer à l'inscription de l'amiante chrysotile sur la liste des 39 produits toxiques interdits. Mais, d'après le député canadien Pat Martin, qui se bat contre ce produit, le Canada a tiré les ficelles en coulisse en poussant ses principaux clients (l'Inde, le Pakistan, les Philippines et le Vietnam) à s'opposer à l'inscription du minerai sur la liste des produits toxiques de la convention.
La réunion a en revanche permis l'inscription sur cette liste des composés d'un pesticide, le tributylétain, qui est notamment utilisé pour la peinture de la coque des bateaux et est toxique pour les poissons et les mollusques, indique le communiqué.