L'agence européenne du médicament a annoncé jeudi (25 juin) qu'elle recommandait le retrait définitif mais progressif (sur le marché européen) des médicaments contenant un médicament opiacé antidouleur, le dextropropoxyphène (DXP), notamment associé au paracétamol dans le Di-Antalvic et ses génériques. Ce médicament est déjà interdit dans plusieurs pays de l'Union européenne.
Le retrait définitif des spécialités pharmaceutiques contenant du DXP se fera "dans un délai de l'ordre d'un an, afin notamment de permettre aux professionnels de la santé d'envisager la meilleure alternative antalgique pour leurs patients". L'avis de l'agence européenne du médicament sera transmis à la Commission européenne qui a maintenant 67 jours ouvrables pour se prononcer.
Les Français, plus gros consommateurs en Europe
L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé a suivi l'avis défavorable émis par l'Agence européenne d'évaluation des médicaments en recommandant aux professionnels de santé de ne plus prescire de médicaments contenant du dextropropoxyphène tels que le Di-Antalvic.
Les Français sont de très loin les plus gros consommateurs européens de l'association DXP/paracétamol, puisqu'ils représentent "95% de la consommation européenne" selon Fabienne Bartoli, adjointe au directeur général de L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.
Le dextropropoxyphène est un opiacé faible qui peut s'accumuler dans l'organisme en particulier en cas d'insuffisance rénale et chez les patients âgés, provoquant une intoxication.
Interdit déjà dans certains pays d'Europe
Une enquête réalisée entre 1995 et 2003 en France indique que les centres anti-poison comptabilisaient sept décès par an en France. Le CHU de Toulouse a banni depuis le 1er juin 2005 le dextropropoxyphène.
Quant à l'Angleterre et le Pays de Galles, ils dénombraient plus de 300 décès consécutifs à des doses non recommandées. La Suède totalisait 200 décès par an.
Il a été retiré du marché en Suisse en 2003, en Suède en 2005. En Angleterre et au Pays de Galles, le retrait définitif y était programmé pour fin 2007. En janvier 2009, un comité de spécialistes réunis par la Food and Drug Administration s'est prononcé pour son retrait du marché américain.
Pour combattre la douleur, "il n'est pas démontré que l'association dextropropoxyphène et paracétamol soit plus efficace que le paracétamol seul" affirme le docteur Bruno Toussaint. Plus d'une trentaine de médicaments contiennent cette association de molécules en France.