La France a commandé 94 millions de doses de vaccins contre le virus de la grippe H1N1 auprès de Sanofi, GlaxoSmithKline et Novartis. A quand la première livraison chez Sanofi ? Ce virus inquiète t-ils les Français ? Faut-il encourager la vaccination ? Et les médecins sont-ils prêts à se faire vacciner ? Les réponses à ces questions ci-dessous...
Les premiers vaccins dès novembre
Le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis sera en mesure de livrer à la France ses vaccins contre la grippe H1N1 "à partir de fin novembre" estime son directeur général Chris Viehbacher dans un entretien publié lundi dans Le Figaro.
"L'agence européenne du médicament n'a pas encore homologué les vaccins. Nos données cliniques seront prêtes à la mi-octobre (...). Il faudra ensuite quelques semaines pour obtenir les approbations. Nous pourrons livrer la France à partir de fin novembre".
"Nous soumettrons deux dossiers, l'un pour un vaccin avec adjuvant (une molécule qui augmente la réponse du système immunitaire du patient) et un autre sans adjuvant" précise Chris Viehbacher.
Une ou plusieurs injections ?
Selon Chris Viehbacher, les autorités opteront "probablement" en Europe comme aux Etats Unis pour "une seule injection".
Les premières doses de vaccin seront en revanche livrées à "la mi-octobre" aux Etats-Unis. Dans ce pays, les autorités ont en effet donné leur feu vert pour un vaccin sans adjuvant.
"Nous serions en théorie en mesure de fabriquer au moins 800 millions de doses (de vaccins) en une année" a-t-il poursuivi.
H1N1 : les français sont-ils inquiets ?
80 % des Français ne sont pas inquiets d'attraper la grippe A H1N1. En revanche, 18% le sont et 2% ne se prononcent pas, selon un sondage CSA paru lundi (21 septembre) dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Parmi ces 80 %, 59 % des personnes sondées resteraient zen en cas de contamination. Quant aux 39 % autres, elles deviendraient inquiètes.
84 % des Français de 30 à 49 ans se sont dits le moins inquiets d'attraper la grippe A H1N1, suivis des personnes de 50 ans et plus (80%) et des moins de 30 ans (74%).
Ce sondage a été réalisé par téléphone les 16 et 17 septembre auprès d'un échantillon national représentatif de 1011 personnes âgées de 18 ans et plus d'après la méthode des quotas.
Dans un sondage publié dimanche dans Dimanche Ouest France, 68% des personnes interrogées se disaient "pas inquiètes" d'attraper la grippe A H1N1 contre 32%.
"Je veux protéger mes concitoyens face à une menace sérieuse"
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a encouragé la vaccination pandémique et a rassuré sur l'innocuité des futurs vaccins contre le nouveau virus H1N1.
"Je veux protéger mes concitoyens face à une menace sérieuse. Donc je proposerai au Premier ministre et au président de la République une stratégie vaccinale (...)". "Les premières AMM (délivrance d'autorisation de mise sur le marché) pourraient avoir lieu début octobre". "Nous ne vaccinerons qu'avec des vaccins qui auront subi tous les tests, qui auront subi la procédure d'AMM, d'autorisation de mise sur le marché. Nous avons évidemment des vaccins parfaitement testés pour leur efficacité et pour leur innocuité".
Y a-t-il un risque avec les adjuvants ?
Les "meilleurs" experts français et internationaux "disent que les adjuvants permettent d'utiliser moins de souches virales et donc de vacciner plus de personnes. Deuxièmement, ils nous signalent que l'immunité acquise avec les vaccins avec adjuvants est meilleure" a-t-elle expliqué.
"Les adjuvants qui sont utilisés dans les vaccins, qui ne sont pas de l'hydroxyde d'aluminium, mais des émulsions de type huile dans eau sont des adjuvants qui ont été utilisés à des dizaines de millions d'exemplaires dans d'autres vaccins. Ce sont des produits absolument testés et qui ont fait la preuve de leur innocuité (...)" .
Femmes enceintes : attention !
"Cependant, ces adjuvants ont été utilisés pour l'instant dans des vaccins qui n'ont pas été proposés aux femmes enceintes. Donc par mesure de précaution, en attendant que les procédures de vérification soient faites, nous proposerons un vaccin sans adjuvant aux femmes enceintes et aux personnes immunodéprimées" a confirmé Roselyne Bachelot.
Les médecins libéraux majoritairement sereins devant l'épidémie !
402 médecins libéraux ont été interrogés du 14 au 16 septembre par Ifop et ce sondage a été conduit par téléphone ou sur leur lieu de travail. 36% des généralistes avaient déjà eu à soigner un ou plusieurs patients atteint de cette grippe.
89% des médecins interrogés sont "confiants" devant l'arrivée de l'épidémie (31% très confiants, 58% assez confiants), et 10% inquiets. Les plus de 45 ans étaient plus confiants (90%) que les moins de 45 ans (82%).
Les médecins se feront-ils vacciner ?
52% sont prêts à se faire vacciner dès que le vaccin sera disponible, dont 32% certainement et 20% probablement. 46% n'y sont pas prêts, dont 28% certainement pas, et 18% probablement pas.
Les moins de 45 ans sont les plus décidés à se faire vacciner (64%) et les 55-59 ans sont les plus réticents (46% prêts à se faire vacciner). Les généralistes y sont nettement plus décidés (61%) que les spécialistes (37%), ceux des communes rurales (33% pour la vaccination) sont plus réservés que les autres.
Il n'y a pas trop d'enthousiasme chez les médecins libéraux à participer aux plans de vaccination. 42% sont prêts à se porter volontaires (50% chez les généralistes, 29% chez les spécialistes). Seulement 20% y participeront "certainement".
Pour 60% d'entre eux, il n'est pas question enfin que les préfets réquisitionnent les personnels de santé (39% l'accepteraient). Une réquisition mieux acceptée par les spécialistes (49%) que par les généralistes (33%).