Les autorités chinoises ont traduit six personnes en justice dans l'affaire du lait contaminé à la mélamine qui a tué au moins six enfants et en a rendu malades des centaines de milliers d'autres, rapporte vendredi l'agence Chine nouvelle.

Rappel des faits
Deux des accusés ont été jugés par un tribunal de Shijiazhuang, capitale de la province de Hebei où se trouve le siège de la société Sanlu, au coeur du scandale qui a éclaté en
septembre.
L'un d'eux avait vendu au second accusé, un producteur laitier d'un district du Hebei, plus de 600 tonnes de mélamine chimique mélangée avec de la fécule.
Le second accusé a revendu 230 tonnes de mélamine à des laiteries dans quatre villes du Hebei, selon Chine nouvelle.
"Certaines laiteries l'ont mélangée à du lait cru qu'elles ont vendu au groupe Sanlu, principal groupe laitier du pays qui est au centre du scandale", ajoute l'agence.
Environ 290.000 nourrissons chinois sont tombés malades après avoir consommé ce lait frelaté, dont six sont morts, selon les autorités chinoises.
Après avoir étouffé l'affaire plusieurs mois, Sanlu a reconnu en septembre avoir vendu du lait en poudre contaminé à la mélamine. La firme, qui a cessé la production le 12 septembre, a entamé une procédure de faillite et accuse 160 millions de dollars de dettes, rapporte Chine nouvelle en citant la municipalité de Shijiazhuang.
Quatre autres suspects ont comparu vendredi devant des tribunaux des districts
de Wuji, Xingtang et Zhaoxian pour des charges analogues.
Les verdicts seront annoncés à des dates encore indéterminées. Tian Wenhua, ancienne présidente du conseil d'administration et directrice générale de Sanlu, comparaîtra mercredi prochain devant le tribunal intermédiaire du peuple de Shijiazhuang, ajoute Chine nouvelle.
Le saviez-vous ?
Le groupe néo-zélandais Fonterra, géant de l'exportation de produits laitiers, possède 43% de Sanlu.
La mélamine, composant industriel utilisé notamment dans la fabrication de plastiques, est une résine riche en azote dont certaines firmes se servent pour dissimuler l'addition d'eau au lait. Elle n'est pas jugée toxique à faible dose mais peut provoquer des calculs rénaux et autres complications chez l'enfant.