On sait que la France a commandé 94 millions de doses de vaccins contre le virus de la grippe A (H1N1) et que dans un premier temps il n'y en aura pas assez pour toute la population.
Le Haut conseil de la santé publique a donc publié jeudi la liste des personnes prioritaires :
Les personnels de santé, médico-sociaux et de secours
les femmes enceintes "à partir du début du deuxième trimestre" de grossesse
l'entourage des nourrissons de moins de six mois et les enfants de 6-23 mois avec facteur de risque, notamment ceux atteints de pathologies chroniques sévères
Après ces personnes prioritaires viennent :
les personnes de 2 à 64 ans avec facteur de risque, puis les moins de deux ans sans facteur de risque, les plus de 65 ans avec facteur de risque, les enfants de 2 à 18 ans sans facteur de risque, et enfin les plus de 19 ans sans facteur de risque.
L'utilisation d'un vaccin avec adjuvant n'est pas recommandée pour les personnes immunodéprimées et les enfants de moins de deux ans sans facteur de risque. Il ne doit être utilisé par les enfants de moins de deux ans avec facteur de risque et les femmes enceintes que s'il n'y a pas de vaccin sans adjuvant.
Deux doses !
Le Haut Conseil de la santé publique a recommandé que le vaccin contre la grippe H1N1 soit administré en deux doses, sauf dans des cas particuliers où des vaccins monodoses pourront être utilisés, selon son avis publié jeudi.
Un premier pic pandémique en septembre ?
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a estimé jeudi qu'"on pourrait avoir un premier pic pandémique" de la grippe H1N1 "à la fin du mois de septembre", n'excluant pas pour autant une "avancée par vagues".
Des estimations faisaient apparaître que la France a commencé à dépasser le seuil pandémique de la grippe.
L'Institut de veille sanitaire (InVS) a estimé mercredi que 6.000 personnes avaient été touchées par le virus de la grippe H1N1 la semaine dernière, une "progression lente" par rapport à la semaine précédente où l'estimation était de 5.000 cas. "La circulation du virus s'intensifie. La progression est régulière et "sans accélération notable".
Les chiffres inquiétants et en progression lente
L'Institut reprend les données publiées par le réseau Sentinelles pour la semaine du 31 août au 6 septembre, avec 52.000 consultations pour grippe clinique, soit 83 cas pour 100.000 habitants, légèrement au-dessus du seuil épidémique (80/100.000 habitants).
Il donne aussi les estimations du réseau des Grog, des médecins généralistes et pédiatres, pour qui il y a eu au cours de cette semaine environ 25.000 consultations pour infections respiratoires aiguës liées au virus.
L'activité grippale augmente notamment en Martinique et en Guyane. Dans l'hémisphère sud, où c'est l'hiver, l'activité grippale progresse sur l'île de la Réunion, mais elle est en nette décroissance en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis et Futuna. En France, on totalise 19 décès de malades porteurs du virus : 3 en métropole, 3 à la Réunion, 7 en Nouvelle-Calédonie et 6 en Polynésie Française.