Une "Conférence des experts", qui se tenait les 2 et 3 juillet dernier à Paris, était présidée par Michel Rocard. Elle réunissait des économistes, des industriels, des syndicalistes et des représentants du monde associatif. La mission de cette conférence était de dessiner les contours de la "contribution climat-énergie" (ou taxe carbone).
"Je souhaite aller le plus loin possible sur la taxe carbone" déclarait il y a quelques jours Nicolas Sarkozy, à Versailles. "C'est un enjeu immense. C'est un enjeu écologique. C'est un enjeu pour l'emploi" avait-il enfin ajouté.
Il y a des réserves et de nombreuses questions
Pour beaucoup la mise en place d'une taxe carbone est une nécessité mais certains Français sont sceptiques et se posent les questions suivantes : Qui paiera ? Combien ? Comment ?
Quelles sont les objectifs de cette taxe ?
Les pays du globe ont tous un double défi climatique (réduire les émissions de gaz à effet de serre) et énergétique (le pétrole n'est pas une énergie...renouvelable). Cette taxe vise donc à transmettre un "signal prix" aux particuliers, entreprises, administrations, en taxant notamment les combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon...). En consommant moins d'énergies dites fossiles, les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement climatique, diminueront.
Elle cible aussi les secteurs du transports et du logement, qui émettent trop d'émissions polluantes. Concernant l'industrie lourde, les émissions sont déjà "encadrées" par le système des quotas, mis en place au sein de l'Union européenne et qui pourrait bientôt voir le jour aux Etats-Unis.
La mise en place d'une "contribution climat-énergie", spécifique à chaque produit, serait aujourd'hui impossible. Quant à l'idée retenue, elle est, pour l'essentiel, de taxer à la source, le gaz, le charbon, le fioul et les carburants.
Que faire des recettes de cette "contribution climat-énergie" ?
Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, la "contribution climat-energie" pourrait créer des emplois notamment dans les secteurs du bâtiments (travaux d'isolation), du transport ferroviaire et fluvial et des énergies renouvelables.
A quand sa mise en place ?
La ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a affirmé début juin qu'elle pourrait intervenir avant 2011.