Suite au débat public sur les nanotechnologies, qui s'est tenu entre le 15 octobre et le 23 février dans dix-sept villes françaises, il est indispensable de recenser ces substances et de fournir "une information large, précise et continue" a indiqué mardi la commission chargée d'organiser ce débat.
Les matières et déchets radioactifs font l'objet d'un large inventaire national rendu public. Pourquoi ne pas procéder de la même manière pour les nanotechnologies, note la Commission nationale du débat public (CNDP).
Alors que plusieurs centaines de produits (crèmes solaires, pneus, textiles...) incluant des nanotechnologies sont déjà commercialisés, la nécessité "d'amplifier la recherche pour mieux comparer bénéfices et risques" a été soulignée.
"Nul ne comprendrait qu'un effort important ne soit pas entrepris en matière de recherche sur la métrologie, la toxicité et l'écotoxicité" souligne la Commission.
La Commission évoque aussi la nécessité de "renforcer la sécurité des salariés" exposés aux nanomatériaux manufacturés sur leur lieu de travail, de garantir les libertés individuelles et de prévoir un "encadrement éthique du développement des nanotechnologies".
La future loi Grenelle 2 prévoit aussi une déclaration obligatoire, visant à assurer "la traçabilité" des nanomatériaux, a rappelé Jean Bergougnoux, président de la commission particulière chargée d'organiser le débat, évoquant aussi les demandes d'une "obligation d'étiquetage".
Les effets sur la santé et l'environnement de structures ou particules restent mal connus. D'où la nécessité "d'amplifier la recherche pour mieux comparer bénéfices et risques". Il faudrait "étudier en priorité" les nanoparticules "les plus utilisées", celles "appliquées au corps humain" (médecine, cosmétologie, textile, alimentation) a indiqué la Commission nationale du débat public.