Pour l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le risque de pénurie d'isotopes radioactifs à usage médical ne doit pas conduire à faire l'impasse sur la sûreté des réacteurs qui les produisent. Car la solution n'est pas de prolonger l'exploitation de ces réacteurs vieillissants.
Pénurie du technétium 99-métastable
Pourtant la pénurie de ces isotopes médicaux se confirme ! Et le Syndicat national de la médecine nucléaire s'est récemment inquiété de la "situation de pénurie chronique et récurrente, qui dure depuis plus d'un an", de technétium 99-métastable, "produit utilisé pour plus de 80% des examens de médecine nucléaire".
A quoi sert ce marqueur radioactif
Ce marqueur radioactif sert en particulier au dépistage par imagerie médicale (scintigraphies) de cancers, de maladies cardiaques et osseuses, ainsi qu'en endocrinologie. "Les examens de substitution, quand ils existent, sont soit plus irradiants, soit moins performants, soit plus invasifs" souligne ce syndicat médical.
Le chiffre
Plus de 35 millions d'examens sont réalisés chaque année dans le monde grâce au technétium 99m, fabriqué à partir du molybdène 99, dont la production est "la plus problématique aujourd'hui" précise l'Autorité de sûreté nucléaire.
L'essentiel de la production mondiale assuré par 5 réacteurs de recherche, trop âgés
Les deux principaux sont le NRU à Chalk River au Canada, mis en service en 1957 (40% de la production mondiale), et le HFR à Petten aux Pays-Bas, mis en service en 1961 (environ 30% de la production mondiale).
Mais le réacteur canadien, arrêté pour travaux à la mi-mai 2009, ne sera pas remis en service avant le printemps 2010, ont annoncé en août les autorités canadiennes. Quant au réacteur néerlandais, il fera prochainement "l'objet de réparations lourdes à la suite de la découverte de fuites" précise l'Agence de sûreté nucléaire. Rappelons que ces deux réacteurs avaient déjà été arrêtés pour maintenance respectivement en 2007 et 2008.
Et les trois autres ?
Trois autres réacteurs sont installés en Afrique du Sud, en Belgique et en France mais ne sont responsables que du quart de la production mondiale, dont 5% pour le réacteur OSIRIS à Saclay (Essonne).
Des travaux sont aussi prévus dans ce réacteur français "entre mars et septembre 2010" indique l'Agence qui n'a autorisé son fonctionnement que "jusqu'en 2015 au plus tard".