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29 janvier 2009 -
18h44 :
La fertilisation des océans fait débat
[ TECHNOLOGIE ]

phytoplanctonL'Allemagne a donné lundi son feu vert à une mission scientifique visant à répandre six tonnes de fer, dans des zones océaniques de l'Atlantique sud sur une surface de 300 km² afin d'y favoriser la développement du phytoplancton et lutter contre le réchauffement climatique.
Ces microalgues marines seraient susceptibles de jouer un rôle clé dans le niveau mondial de carbone car elles absorbent le dioxyde de carbone situé dans l'eau et l'atmosphère autour d'elles. Et après une courte vie, les restes de ces organismes viennent se déposer sur le plancher océanique sous forme de sédiment.

Les effets sur l'écosystème marin sont pour l'instant imprévisibles

Certains experts craignent de possibles effets secondaires imprévus d'une telle expérience. Le fer est versé sous forme de nanoparticules, dont les effets sur l'écosystème marin sont pour l'instant imprévisibles. Certains scientifiques évoquent par exemple une possible réaction chimique qui produirait un gaz à effet de serre, le protoxyde d'azote (N2O), plus dévastateur que le CO2.

Une mission très contestée

Cette mission appelée LOHAFEX est très contestée mais pour des scientifiques elle doit tout simplement contribuer à une meilleure compréhension du rôle des océans dans le cycle mondial du carbone et permettre de mesurer l'effet potentiel de ces algues sur la teneur en dioxyde de carbone de l'atmosphère.

En avril 2007, la revue Nature avait révélé les conclusions d'un vaste programme mené autour des îles Kerguelen en Bretagne : verser du fer dans l'océan serait 10 à 100 fois moins efficace que le processus naturel, 90% du fer versé se perdrait dans l'océan, et l'effet serait peu durable.

Vagues et plageUne grande partie de ce dioxyde de carbone n'est pas stockée

Depuis l'annonce faite par l'Allemagne, des chercheurs ont constaté après avoir examiné des données recueillies en 2004-2005, que les régions des océans riches en fer contiennent beaucoup de phytoplancton et absorbent plus de CO2, mais une grande partie de ce dioxyde de carbone n'est pas stockée en profondeur mais relâchée dans l'atmosphère. A travers la photosynthèse, des milliards de phytoplanctons répartis autour de l'archipel de Crozet absorbent naturellement de grandes quantités de CO2 présent dans l'atmosphère.

Les données ont donc été recueillies dans le cadre d'un programme de recherches océanographiques intitulé Crozex, qui a examiné les effets des apports naturels en fer dans l'océan autour de l'archipel de Crozet (à environ 2.500 km au sud de Madagascar).

90% est recyclée en surface et environ 10% va plonger

Seule une petite partie du CO2 absorbée par le phytoplancton est retenue durablement. "Sur cent unités de CO2 fixées par le phytoplancton dans la couche superficielle de l'océan, 90% est recyclée en surface et environ 10% va plonger en dehors de cette zone exposée à la lumière", a déclaré Richard Sanders, un des chercheurs. De ces 10%, environ la moitié va descendre à plus de 200 mètres, tandis que 1% du total se fixera dans les sédiments qui recouvrent les fonds océaniques.

la fertilisation naturelle serait plus efficace

D'autre part, la fertilisation naturelle serait, selon certains scientifiques, beaucoup plus efficace que l'apport artificiel de fer. "La quantité de carbone séquestrée par l'océan profond pour une quantité donnée de fer ajouté est nettement inférieure à certaines estimations de géo-ingénierie faites jusqu'ici" selon le communiqué du National Oceanography Centre.


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