La Nasa effectue vendredi une mission destinée à trouver de l'eau sur la Lune ! Comment la Nasa va-t-elle procéder ? Elle va propulser à grande vitesse dans un cratère un projectile de 2,3 tonnes, suivi de près par une sonde.
La sonde, appelée LCROSS (Lunar Crater Observation and Sensing Satellite), avait été lancée en juin à bord d'une fusée Atlas V avec une autre sonde, dite LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter), chargée elle d'établir une carte détaillée de l'unique satellite naturel de la Terre.
Un cratère de 20 mètres de diamètre sur cinq de profondeur sera creusé
Le vaisseau LRO s'est depuis séparé du lanceur pour se placer trois jours après en orbite lunaire. Quant à la sonde LCROSS, elle est restée attachée au deuxième étage de la fusée, appelé Centaur, durant son périple de trois mois de la Terre à la Lune.
Après la séparation, les deux engins doivent être précipités quelques heures plus tard dans le cratère lunaire Cabeus, situé au pôle sud de la Lune.
Centaur doit, en s'écrasant dans Cabeus à 9.000 km/h, creuser un cratère de 20 mètres de diamètre sur cinq de profondeur. L'impact doit propulser 350 tonnes de matériaux jusqu'à dix kilomètres d'altitude, au moment où les rayons du soleil fourniront un éclairage maximum.
Y a-t-il de l'eau gelée sur la Lune ?
La sonde LCROSS subira le même sort mais s'écrasera quatre minutes plus tard. Pourquoi attendre ? Il faut laisser le temps à ses neuf instruments de capter et déterminer la nature des particules dans le panache de matériaux projetés, avant de transmettre les données recueillies à la Terre.
Il sera alors possible de déterminer si de l'eau gelée se trouve dans ce cratère dans lequel la lumière du soleil ne pénètre jamais et qui est de ce fait extrêmement froid avec des températures de -240°C. Cabeus a un diamètre de cent kilomètres pour une profondeur variant de 2,5 à 4 kilomètres.
"Nous cherchons les endroits dans l'obscurité permanente où de la glace d'eau pourrait avoir été piégée durant des milliards d'années et nous voulons aussi savoir quelles sont les quantités qui s'y trouvent" explique Peter Schultz, géologue de l'Université Brown (Rhodes-Island).
Pourquoi avoir choisi cette région près du pôle sud de la Lune ?
Une autre sonde a détecté précédemment des émanations d'hydrogène, une signature de la présence de glace. Selon des observations récentes, des particules d'eau sont bien présentes sur la Lune.