Le génome du Brachypodium distachyon, petite herbe sauvage originaire des régions méditerranéennes et du Proche-Orient, a été séquencé. Les données génétiques obtenues par le séquençage de Brachypodium permettront d'"améliorer des plantes de grande valeur agricole, comme le blé, l'avoine ou l'orge" précise James Carrington de l'université de l'Etat américain d'Oregon.
Cette herbe "a peu d'importance pour l'agriculture et n'est pas en soi d'une grande valeur économique". Mais son séquençage permet d'obtenir des informations sur des plantes "extrêmement importantes pour l'alimentation mondiale" souligne l'université de l'Etat américain d'Oregon. Les génomes du maïs, du riz et du sorgho ont déjà été séquencés.
En savoir plus sur cette herbe
Brachypodium appartient à une autre sous-famille de graminées, celle des Pooideae (plus de 3.000 espèces, dont le blé et l'orge). Beaucoup de ces plantes ont un génome énorme (17 milliards de bases pour le blé tendre, soit cinq fois plus que le génome humain), alors que celui de Brachypodium est très compact (272 millions de paires de base). "Ce sont des plantes faciles à cultiver, faciles à manipuler génétiquement, faciles à étudier et qui ont un cycle de vie court" explique le chercheur Todd Mockler.
Cette herbe... cousine d'une plante utilisable pour la production de bioéthanol
Ces gènes ancestraux pourraient aussi être partagés par une plante cousine de Brachypodium, la switchgrass (panic), qui pourrait servir à la production d'éthanol. "On pourra aussi extrapoler les connaissances pour essayer d'améliorer la production de bioéthanol" a indiqué Jérôme Salse, de l'Institut français de recherche agronomique. Des modifications génétiques pourraient accélérer sa croissance et rendre la cellulose plus facile à dégrader en alcool.
Les résultats de ce vaste programme de séquençage, auquel ont participé des dizaines de laboratoires américains, européens, chinois et sud-coréen, paraissent dans la revue scientifique Nature.