Une étude montre que les nanoparticules utilisées en médecine détériorent... à distance l'ADN de cellules humaines.
Quels sont les risques encourus ?
Des chercheurs ont testé l'effet à distance sur des tissus conjonctifs humains de nanoparticules de cobalt-chrome, qui servent notamment dans la fabrication de têtes de fémur pour les hanches artificielles.
S'ils entrent en contact direct avec des organes, ces nanoparticules d'un diamètre moyen de 29,5 nanomètres, sont connues pour pouvoir abîmer l'ADN, provoquer des aberrations chromosomiques, voire la mort de cellules, si elles sont utilisées au-delà d'un certain seuil de concentration.
Comment ont-ils procédé ?
Les chercheurs ont utilisé comme "barrière" des cellules BeWo, souvent employées dans des modèles in vitro. En laboratoire, ils ont placé des nanoparticules de cobalt-chrome à côté des cellules BeWo, et de l'autre des cellules de tissu conjonctif (fibroblaste) humain.
"A notre grande surprise, non seulement nous avons constaté des dégâts de l'autre côté de la barrière, mais nous en avons trouvé autant que s'il n'y en avait pas" a déclaré Charles Patrick Case, l'un des auteurs de l'étude. Cette dégradation s'est produite alors que "les nanoparticules n'ont pas traversé cette barrière", souligne l'étude.
Pourquoi les tissus situés de l'autre côté de la barrière sont-ils affectés ? Ce mécanisme reste mal expliqué, même si les chercheurs soupçonnent que des molécules jouent un rôle de transmetteur d'informations.
Ne tirons pas trop vite sur les nanotechnologies
Selon les auteurs, il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives car il n'est pas prouvé que cette expérience réalisée en laboratoire soit fidèle aux réactions du corps humain. Ces derniers appellent d'ailleurs à ne pas passer à côté des avancées prometteuses des nanotechnologies.
17 villes français débattent sur les nanotechnologies
Actuellement se tient en France un débat public sur les nanotechnologies. Des rencontres sont en effet organisées dans 17 villes du 15 octobre au 23 février. De son côté, l'Office fédéral de l'environnement allemand préfère la solution « wait and see » : « En attendant d'en savoir plus sur les effets secondaires des nanoparticules, l'utilisation de produits qui contiennent ou peuvent libérer des nanomatériaux devrait être évitée dans la mesure du possible, le temps que leurs effets sur l'homme et l'environnement soient mieux compris".