Concernant les expérimentations de captable et/ou de stockage de CO2, les projets pullulent. 234 projets portant sur toutes sortes de technologies, types de projet et secteurs étaient en cours ou en prévision fin 2010, indique un rapport du Global CCS Institute.
L'idée est de capter le CO2 une fois émis par une raffinerie ou une cimenterie, le transporter par bateau ou canalisation jusqu'à un champ gazier ou pétrolier épuisé, ou encore des aquifères profonds, et l'y enfouir.
Une technique controversée
Pour certains, il s'agit d'un outil incontournable pour lutter contre le changement climatique - qui permettrait selon l'agence internationale de l'Energie de contribuer à hauteur de 19 % aux réductions d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.
Mais cette technique, encore au stade de l'expérimentation et extrêmement coûteuse, est décriée par certaines ONG qui jugent qu'elle retarderait la transition vers des énergies propres, et comportent d'importants risques environnementaux.
Si le nombre de projets portant sur l'intégralité du processus est en hausse, il ne doit pas masquer le fait que 22 du même type ont été "annulés ou reportés" sur la même période, notamment pour des raisons économiques, indique le Global CCS Institute. Ce dernier note qu'"incorporer du CCS dans une centrale électrique pourrait augmenter les coûts de 40 à 75 %".
Parmi tous ces projets, "77, à diverses étapes de développement, portent sur l'intégralité du dispositif (du captage au stockage, ndlr)" précise le Global CCS Institute. La majorité des 77 projets est menée en Amérique du Nord (39, dont 31 aux Etats-Unis et 8 au Canada), et en Europe (21) et notamment en Norvège, Royaume-Uni et Pays-Bas.
La Chine en compte cinq et l'Australie six. Ces projets portent majoritairement sur le captage de CO2 dans les centrales électriques, et beaucoup moins dans le secteur des industries du fer, de l'acier ou du ciment. "La phase de démonstration devrait durer durant encore plus d'une décennie" écrit le Global CCS Institute.