La ville de Spremberg (Allemagne), qui est un haut lieu de l'extraction et du traitement de la lignite, industrie sale et polluante par excellence, a récemment assisté à l'inauguration d'une centrale électrique à charbon expérimentale, qui met en oeuvre les techniques de captage et de stockage de CO2. L'installation permet de brûler le charbon dans une atmosphère d'oxygène pur, qui facilite l'emprisonnement du CO2 après combustion. Ce gaz à effet de serre est donc capté, liquéfié puis profondément enfoui dans des caves à gaz naturel ou des formations géologiques hermétiques remplies d'eau.
Le groupe suédois de l'énergie Vattenfall, qui est, bien entendu, au courant du réchauffement climatique, travaille à rendre sa production de charbon moins polluante. Et ce procédé d'oxycombustion devrait permettre de réduire de 90 % les rejets de CO2 dans l'atmosphère.
Claudia Kemfert, experte à l'Institut de recherches économiques de Berlin a déclaré au début du mois de septembre : "Cette technique est incontournable, sachant que nous ne pouvons pas renoncer au charbon et que des pays comme la Chine ne cessent de construire des centrales de charbon". L'Allemagne, qui renoncera à l'énergie nucléaire d'ici à 2021, mise sur le charbon qui reste l'un des piliers de sa politique énergétique et couvre à hauteur de 46,9 % sa production en électricité. Une vingtaine de nouvelles centrales seront d'ailleurs construites dans les prochaines années.
LES ECOLOGISTES SCEPTIQUES

Thorben Becker, porte-parole de l'association écologiste Bund, est de son côté très sceptique : "Vattenfall parle beaucoup de centrales prétendument respectueuses de l'environnement, mais il prévoit et construit toujours des centrales conventionelles polluantes et la modernisation de la pompe noire (site accueillant cette centrale) n'est rien qu'une feuille de vigne".

Les propos de Greenpeace sont plutôt verts : "La technologie oxyfuel nécessite de brûler plus de charbon pour une même quantité d'électricité produite, ce qui va faire grimper les coûts et est un obstacle sérieux à la viabilité des centrales".

Régine Günther, experte de l'association de WWF : "La technologie de captage et de stockage de CO2 peut servir de transition avant que soit développée une meilleure solution pour satisfaire les besoins croissants en énergie tout en respectant la planète.