Une nouvelle usine de trituration de colza, appartenant au céréalier américain Cargill, a été inaugurée le 18 septembre à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique). Il s'agit de la troisième usine basée dans cette région, qui pourra traiter jusqu'à 600.000 tonnes de graines de colza par an.
L'huile de colza pourra approvisionner les industries françaises de l'agroalimentaire et des
biocarburants. Les tourteaux de colza (graines écrasées) seront vendus aux industries régionales de nutrition animale.
Chaque année, le site de Montoir produira 350.000 tonnes de tourteaux de colza et 250.000 tonnes d'huile de colza, dont 75 % seront acheminées par oléoduc jusqu'à l'usine Diester Atlantique, propriété de Sofiprotéol, qui possède une unité de production de diesel...vert. Cet agrocarburant sera intégré à hauteur de 6 % dans le diesel vendu à la pompe par la raffinerie Total situé dans le port autonome Nantes/Saint-Nazaire.
L'ouverture de ce nouveau site survient alors que la production de
biocarburants dits de "première génération", tirés de matières premières agricoles, est de plus en plus contestée au sein de l'Union européenne. Toutefois, cette usine va permettre à la France de se rapprocher de l'objectif européen, qui est de produire 10 % de
biocarburants d'ici à 2010 afin de lutter contre le
réchauffement climatique.
Pour réduire l'empreinte environnementale du site, une grande partie de la production sera acheminée par fret ferroviaire, par bateau ou bien par oléoduc.
Mais l'installation de ce complexe de production de
biocarburants chagrine Bernard Courbot de Greenpeace France : "Pour produire 600.000 tonnes de graines, il faudrait recouvrir de colza l'équivalent de la moitié du département français... On va désorganiser l'
agriculture d'autres pays et donc participer à la crise alimentaire mondiale. Les agrocarburants de première génération comme le biodiesel sont une fausse bonne solution aux problèmes environnementaux actuels".