Une expérimentation à grande échelle concernant les agro-carburants de deuxième génération va être lancée par le gouvernement.
Le conseil d'administration de l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie vient de valider un plan de développement des agro-carburants de 2e génération baptisé BioTfuel, d'un montant de 112 millions d'euros. Ce plan viserait la fabrication de "biocarburant de type biogaz et biokérosène en 2015". Comment ces nouveaux biocarburants sont-ils produits ?
La première génération décriée
Ils sont produits à partir d'herbes et de résidus agricoles et forestiers. Cette deuxième génération devrait utiliser davantage de variétés de plantes afin de ne pas empiéter sur les cultures alimentaires. Rappelons que la première génération de biocarburants, d'abord encensée, avait ensuite été décriée pour ses impacts négatifs sur l'environnement et sur les cultures alimentaires.
Où sera construit les sites et qui va financer un tel projet ?
Le projet prévoit la construction de deux sites industriels, dont un à Compiègne, l'autre sur "un site" de Total. Le groupe pétrolier fait partie du consortium réuni pour conduire les expérimentations, comprenant notamment l'Institut français du pétrole et le Commissariat à l'énergie atomique, Sofiproteol (Etablissement Financier de la Filière des Huiles et Protéines Végétales) et le groupe industriel allemand Uhde.
BioTfuel vise un rendement de 30 % au niveau expérimental et un minimum de 20 % au plan industriel : soit 1 Mt de matières sèches pour produire 200.000 à 300.000 litres de carburant.
Le bilan carbone des agro-carburants n'est pas connu !
Le réseau Transports de la fédération France Nature Environnement a réagi : "Notre souci est de connaître le bilan carbone (les émissions de gaz à effet de serre) des agro-carburants" indique le responsable Michel Dubromel, qui s'inquiète notamment du transport de grandes quantités de matières premières jusqu'à leur site de traitement industriel.
Cette expérimentation fait aussi sortir de ses gonds Arnaud Gossement, le porte-parole de France Nature Environnement : "Le scandale, c'est de lancer la 2e génération "sans avoir procédé à une étude d'impact" préalable.
Les biocarburants ont-ils des effets pervers ?
En 2008, l'expert Energies renouvelables de l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie, Jean-Louis Bal, mettait déjà en garde contre les effets pervers des biocarburants, même de seconde génération. "Si on convertit des prairies ou pire, une forêt, qui stockaient des quantités considérables de CO2, soudain relâchées dans l'atmosphère, le bilan devient catastrophique".