Le président de L'Automobile Club, Didier Bollecker, estime que la mise en place du bonus-malus automobile et de la prime à la casse s'est "partiellement trompé de cible" et juge que le dispositif du bonus-malus "doit être revu de fond en comble".
"On a fait de l'écologiquement correct, pas forcément de l'écologiquement efficace", a déclaré vendredi M. Bollecker. "Le bonus-malus part d'une bonne intention... mais techniquement c'est un dispositif qui doit être revu de fond en comble", a-t-il dit.
M. Bollecker a souligné que le système de bonus-malus est basé "exclusivement sur les émissions de CO2 alors qu'on aurait peut-être pu se préoccuper des autres polluants et notamment des particules fines", en relevant que cela a amené un "achat massif de petites voitures, souvent diesel, qui n'ont pas de filtre à particules". Le bonus-malus a "surtout été utilisé par les ménages qui avaient un deuxième ou un troisième véhicule" et qui "avaient le pouvoir d'achat nécessaire pour acheter ce type de véhicule", a ajouté Christian Scholly, directeur général adjoint de L'Automobile Club.

Seulement 300.000 véhicules fabriqués en France
M. Bollecker a d'autre part affirmé que "ces dispositifs ont coûté à peu près 1,2 milliard au budget de l'Etat et que ceci a profité à 300.000 véhicules fabriqués en France" sur le 1,5 million de véhicules qui en ont bénéficié. "L'Etat a contribué six fois plus au soutien de l'emploi dans les usines de production de voitures à l'étranger qu'en France", a-t-il déclaré. Selon L'Automobile Club, en 2009, le bonus a coûté 806 millions d'euros, la prime à la casse 600 millions alors que la malus a rapporté 177 millions. Parmi les effets de la prime à la casse et du bonus-malus, l'Automobile Club a aussi noté dans son étude que les 2,2 millions d'acheteurs de voitures neuves en 2008 ont "payé moins cher" leur véhicule, mais que "les 28 millions restants ont vu leur patrimoine automobile diminuer fortement de valeur, par l'effondrement de la cote en deux ans". "En deux ans de bonus-malus, le patrimoine automobile des Français a perdu au minimum 13 milliards d'euros", a résumé M. Scholly.