L'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) a demandé lundi une ouverture au moins partielle de l'espace aérien, en critiquant durement la façon dont la crise due aux cendres volcaniques a été gérée par les autorités. "Nous sommes assez avancés dans cette crise pour exprimer notre insatisfaction sur la façon dont les gouvernements (l') ont gérée", a dit le directeur de l' IATA Giovanni Bisignani. Il a réclamé des "décisions qui soient fondées sur des situations réelles", alors que la fermeture d'une partie de l'espace aérien européen représente un manque à gagner de plus de 200 millions de dollars par jour pour les compagnies aériennes. "Une évaluation du risque devrait permettre de nous aider à rouvrir certains couloirs, à défaut de l'ensemble de l'espace aérien", a dit M. Bisignani. "L'ampleur de cette crise est désormais plus importante que le 11-septembre" pour le secteur, a-t-il jugé, en se disant "inquiet" de la situation de certaines compagnies. D'autant que la situation ne sera pas réglée rapidement. Cela prendra "de trois à six jours pour un retour à la normale" après la fin des restrictions de vol, selon lui.
Le ministre des Transport Dominique Bussereau
Précautions
Le ministre des Transports Dominique Bussereau interrogé lundi sur France Inter a souligné : "Je pense qu'en matière de sécurité aérienne -on est encore sous le choc de la catastrophe de Smolensk- , on ne prend jamais assez de précautions". "Il faut bien voir ce que nous disent les gens de la météo... les cartes qu'ils nous montrent et ce qu'ils nous disent des nuages n'est quand même pas folichon!", a-t-il ajouté. "Evidemment, le rôle des autorités publiques, devant la gêne que ça occasionne et devant le préjudice que ça cause à l'économie en période de crise", est de "faire en sorte que les choses redémarrent le plus vite possible, mais dans l'application du principe de sécurité", a encore expliqué le ministre.
De son coté , le président du syndicat national des contrôleurs aériens Stéphane Durand a jugé lundi que la fermeture d'une partie de l'espace aérien européen à cause du nuage de cendres ne pouvait être considérée comme un excès de précaution.
"Non, je ne pense pas qu'on puisse dire ça, même si les polémiques arrivent toujours après ou au milieu de ce genre d'évènements", a répondu Stéphane Durand, interrogé sur France Info sur la pertinence de cette mesure.