Le parlement européen de Strasbourg veut contraindre les compagnies aériennes, qui opèrent sur le territoire de l'U.E, à participer à la lutte contre le réchauffement climatique. Dès 2012 elles devront plafonner leurs émissions de CO2 à 97% de leur niveau de 2005, et à partir de 2013, le plafond sera fixé à 95%. Autre mesure devant intervenir en 2012, les compagnies aériennes devront payer 15% de leur permis de polluer. Avec la flambée du prix du kérosène cette décision est accueillie avec la plus grande inquiétude par les professionnels.
Le texte final est pourtant moins exigeant qu'initialement prévu. Les transports aériens semblent même plutôt privilégiés. Les industriels, eux, devraient être contraints à racheter la totalité de leurs droits de polluer d'ici 2020, et à réduire leurs émissions totales de CO2 de plus de 20%. Les corporations européennes des industries chimiques ont fait part de leurs inquiétudes et ont qualifié ces mesures de "grave menace pour la survie du secteur". Les industriels réfléchissent néanmoins à un consensus préservant impératifs économiques et défense de l'environnement.
Le ministre français de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a déclaré "comprendre les craintes des industriels et des syndicats", mais il a surtout ajouté qu'il n'y avait pas d'autre choix.
Réunis Farnborough (Angleterre), la semaine du 14 juillet, les dirigeants des grandes compagnies aéronautiques ont affirmé vouloir s'engager dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bombardier, British Airways, Airbus, tous y vont de leur projet éco-responsable, avec développement de carburants alternatifs, réduction des émissions de CO2, campagnes de sensibilisation...Mais tous ont également dénoncé le poids des "taxes écologiques" et l'obsession de la sanction aux dépens de l'incitation à investir.