La mise en place de l'écotaxe pour les poids-lourds de plus de 3,5 tonnes sur le réseau routier national non-payant à partir de 2011, est très mal perçue en Bretagne où les patrons de cette région ont décidé de se réunir au péage de la Gravelle (Mayenne) pour manifester leur mécontentement ce mercredi et dénoncer une taxe "injuste".
Après des mois de palabres puis de lobbying parlementaire qui s'est terminé fin décembre par une fin de non recevoir du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, le patronat breton veut désormais "la suppression" pure et simple de cette taxe qui serait selon lui une menace pour les entreprises et l'emploi dans cette partie de la France.
L'ensemble du réseau routier en Bretagne est en effet resté gratuit depuis le plan routier des années 60 destiné à faciliter le développement de cette région, où 70% du trafic routier est interne sur une distance moyenne de 100 kilomètres.
La Bretagne devrait contribuer pour 12% alors qu'elle ne pèse que 4,5% du PIB
Selon les calculs du collectif des chefs d'entreprise bretons, qui réunit une quarantaine d'unions patronales mais aussi la Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles, le comité des pêches ou encore des distributeurs comme Leclerc ou Système U, la Bretagne devrait contribuer pour 12% à cet impôt alors qu'elle ne pèse que 4,5% du PIB (produit intérieur brut).
Si la Bretagne a des autoroutes gratuites ce n'est pas un cadeau, mais une nécessité
L'installation de l'écotaxe doit contribuer au développement du transport ferroviaire et fluvial mais les patrons bretons soulignent que la Bretagne a la particularité d'être "le grenier des produits frais" de la France : "Livrer des produits frais par le rail, cela relève de la science-fiction!" explique un représentant de Leclerc, Patrick Bellec qui a aussitôt ajouté : "Si la Bretagne a des autoroutes gratuites ce n'est pas un cadeau, mais une nécessité". Christian Tacquard, président de l'association bretonne des entreprises agroalimentaires, brandit les risques de délocalisations et de destructions d'emploi en Bretagne.