La Bretagne va-t-elle être exemptée d'écotaxe ? Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a déclaré mercredi qu'une commission va être mise en place pour faire une évaluation de l'écotaxe poids lourds selon les régions. Cette déclaration intervient après la manifestation des patrons bretons mercredi, qui réclament la suppression de cette taxe qu'ils trouvent injustes.
Elle va être mise en place tout de suite
Hasard ou pas ? Jean-Louis Borloo a toutefois déclaré : "Il était prévu une commission d'évaluation objective pour qu'il n'y ait pas d'écart entre les grandes régions ou les grands départements : je vous confirme donc qu'au lieu d'être mise en place en fin d'année, elle va être mise en place tout de suite". Le ministre a fait part de son "engagement total pour vraiment tenir compte de cette spécificité" des régions qui souffriront de la taxe plus que d'autres.
Le saviez-vous ?
L'écotaxe doit faire son entrée en France à partir de 2011 et elle concernera les poids-lourds de plus de 3,5 tonnes empruntant le réseau routier national non-payant.
"Borloo, touche pas à mon boulot"
Un à deux milliers de représentants du patonat breton ont manifesté mercredi au péage autoroutier de La Gravelle (Mayenne) pour réclamer purement et simplement la suppression de l'écotaxe jugée "injuste" et "destructrice d'emploi". Durant une heure, ils ont procédé à une opération péage gratuit et ont en même temps distribué aux automobilistes des tracts et des autocollants frappés du slogan "Borloo, touche pas à mon boulot". La Bretagne est plus que jamais concernée par cette taxe car l'ensemble de son réseau est gratuit depuis le plan routier des années 60. Un plan qui était destiné à faciliter le développement de cette région, où 70% du trafic routier est interne sur une distance moyenne de 100 km.
Quelques réactions
Jean-Bernard Solliec, vice-président de l'Association bretonne des entreprises agro alimentaires a souligné qu'"entre les usines et les consommateurs", les patrons n'avaient "aucune alternative au transport par la route" et fustigé "un racket fiscal de l'Etat pour remplir des caisses désespérément vides".
Le président de la fédération régionale des exploitants agricoles, Laurent Kerlir, a de son côté dénoncé une "taxe absurde et inutile qui va coûter 120 millions d'euros par an à la Bretagne, dont 80 millions pour l'agroalimentaire et l'agriculture".
"La taxe Borloo, c'est la taxe de trop", a lancé Thierry Troesch pour l'Union des industries et métiers de la métallurgie en Bretagne.
"Cette taxe va être reportée sur les mareyeurs et les pêcheurs, cela mettra à mal nos entreprises", a estimé André Le Berre, le président du comité régional des pêches.