Les constructeurs automobiles, présents au Mondial de l'Automobile de Paris, dévoilent des modèles de voitures électriques, dont les premières pourraient être commercialisées d'ici 2012. Pourquoi en 2012 ? Parce que cette date correspond avec l'entrée en vigueur d'une législation européenne plus contraignante en terme de pollution.
Dur, dur d'être un constructeur automobile
Le développement de véhicules non polluants devient une priorité pour les constructeurs. Car la Commission européenne veut limiter les émissions de CO2 à 120 grammes par kilomètres pour toutes les nouvelles voitures et donner des amendes aux constructeurs qui ne
respecteraient pas cette limite.
François Roudier du Comité des constructeurs français automobiles affirme : "Près d'un tiers des nouveautés présentées cette année sont des voitures propres et contiennent un peu à beaucoup d'électrique".
"Ce sont bien ces normes qui sont le moteur de l'essor des électriques, plus la hausse des prix du pétrole, qui incitent les conducteurs à investir dans des voitures plus économiques" selon Jean-Philippe Le Denmet, analyste chez Global Insight.
Le concept ne date pas d'hier
Le concept de la voiture électrique ne date pas d'hier mais cette idée n'a jamais vraiment convaincue les constructeurs et les particuliers. Deux facteurs ont sûrement ralenti les constructions des voitures électriques : l'accès au pétrole, qui fut durant de nombreuses années une énergie inépuisable, et certains problèmes techniques comme le danger d'explosion des batteries électriques, le manque d'autonomie et temps de chargement...trop long.
Aujourd'hui, renversement de situation ?
"De très bons développements ont été obtenus au cours des dernières années pour les batteries, la plupart étant aujourd'hui lithium-ion, explique Herbert Kohler, directeur du département environnement chez Daimler. Toutefois, les longs trajets effectués au volant de véhicules électriques ne sont pas encore d'actualité car il faudrait de grosses batteries qui l'alourdiraient.
Un marché qui tarde à exploser
Au cours des prochaines années, ces véhicules électriques ne devraient pas tenir le premier rôle dans le parc automobile. Norbert Reithofer, patron de BMW, estime : "En 2020, 5 à 10% des nouvelles voitures seulement seront électriques".
De son côté, Sylvain Vitet, directeur adjoint de la division véhicules électriques chez EDF, se veut rassurant : "La mise en place des infrastructures nécessaires à la recharge des batteries ne devrait pas poser pas de difficultés majeures car il suffit d'une prise de courant".
Il existe enfin un autre obstacle de taille à la commercialiser à grande échelle d'une voiture électrique... son prix jugé encore trop élevé. A suivre