Jeudi 1er juillet vers 8h du matin les organisateurs avait informé que le vol historique de l'avion Solar Impulse prévu le jour même était reporté en raison d'un problème technique. Ainsi : "Une défaillance est survenue sur une pièce essentielle de l'avion", expliquait l'exporateur suisse Bertrand Piccard. Les choses étant rentrées dans l'ordre la tentative se déroule le mercredi 7 juillet.
Solar : l'avion solaire tente un vol de nuit !
La chose peut paraître cocasse voire contradictoire : faire voler de nuit un avion qui fonctionne à l'énergie solaire. Et pourtant, c'est ce que tente de faire, mercredi 7 juillet,, le pilote et co-fondateur du projet André Borschberg à bord du prototype « Solar Impulse » imaginé par l'explorateur suisse Bertrand Piccard. Voici comment doit se dérouler l'expérience : Comme pour ses autres vols, l'avion utilisera comme seule source d'énergie les quelque 12.000 cellules photovoltaïques recouvrant ses ailes et qui alimentent les quatre moteurs électriques (de 10 chevaux chacun). Elles permettent aussi de recharger ses batteries lithium-polymère de 400 kg. André Borschberg prévoit ainsi de rester la journée dans les airs à une altitude de plus de 8.500 mètres, afin d'emmagasiner de l'énergie solaire dans des batteries pour la nuit. Le moment le plus critique sera certainement cette partie nocturne. "Nous aurons très peu d'énergie à disposition et nous devrons prendre une décision sur la poursuite ou non du vol", souligne l'astronaute suisse Claude Nicollier, qui a récemment rejoint le projet avec l'ancien pilote de la Nasa Rogers Smith. "Un autre défi sera la longueur du vol et le risque que le pilote s'assoupisse" de fatigue, a encore souligné l'astronaute, ajoutant que l'appareil "demande beaucoup d'attention, il n'y a pas de pilote automatique". Afin que M. Borschberg ne s'endorme pas, il sera relié à une série de capteurs qui permettra à l'équipe au sol de surveiller son état.
Le "Solar Impulse"
S'affranchir des énergies fossiles
Le « Solar Impulse » a effectué son premier vol le 7 avril et en a réalisé depuis une dizaine d'autres. Cette nouvelle étape d'environ 25 heures doit permettre, selon Bertrand Piccard, de tester la capacité de l'appareil à voler de jour comme de nuit. "L'aventure du 21e siècle ce n'est plus d'aller sur la Lune parce que cela a déjà été fait, mais c'est de passer à une société qui s'abstrait peu à peu de sa dépendance aux énergies fossiles", s'est-il enthousiasmé.
L'avion solaire est "beaucoup plus qu'une aventure aéronautique, c'est une démonstration technique de ce que l'on peut apporter à la société en termes de nouvelles technologies", a poursuivi l'aventurier.
L'appareil, dont les ailes ont l'envergure de celles d'un Airbus A340 (63,40 mètres) mais qui ne pèse que 1.600 kilos, doit décoller jeudi au petit matin. Il devrait pouvoir profiter d'une longue journée ensoleillée et d'une nuit plus courte à la faveur de l'été. Si ce premier vol de nuit réussit, l'équipe de Bertrand Piccard pourra s'atteler à la construction d'un appareil plus grand qui cette fois aura pour défi un tour du monde complet.