Dans le sud-est de l'Asie, le tourisme "vert" prend de l'ampleur. Les touristes européens culpabilisent sur les émissions de gaz à effet de serre transmises durant les longs vols. Les touristes voulant limiter les impacts de leurs vacances sur le changement climatique, se tournent vers de nombreux hôtels, qui affichent une étiquette "verte". Des systèmes de climatisation sous la mer, un éclairage intelligent, des potagers qui poussent grâce à l'engrais biologique, des spas entièrement construits de boue et les villas privées sont faites de matériaux locaux. Ils sont censés attirer des touristes soucieux de l'éco-tourisme. Et il n'y a pas que les touristes qui passent au "vert" puisque certaines employés des grands hôtels circulent à bicyclette. Au Cambodge, un hôtel utilise des panneaux solaires et a installé un système de retraitement des eaux usées.
Le Liban travaille aussi pour favoriser l'éco-tourisme en dépit de la guerre, de la crise politique et des violences récurrentes. Dans la région de la Bekaa proche de la frontière syrienne, les familles sont invitées à protéger la nature. Les animaux sont d'ailleurs revenus. Pascal Abdallah, qui dirige Responsible Mobilities, un tour opérator centré sur l'éco-tourisme, a déclaré en juin dernier : "Le Liban est classé parmi les 25 premiers pays du monde en terme de biodiversité. On a encore des loups. Il y a aussi un genre de hyènes qui n'existe que dans la partie orientale de la Méditerranée. Il y a bien sûr les cèdres. Pour ce pays meurtri par des guerres sanglantes, l'éco-tourisme est aussi synonyme d'emplois et de revenus. Le Liban a toutes les infrastructures nécessaires pour accueillir l'éco-tourisme mais il ne lui manque plus qu'une chose : la paix.
Quand l'éco-tourisme vient en aide à la biodiversité menacée ! Des lémuriens, des oiseaux ou encore des poissons uniques au monde ont trouvé refuge à Madagascar, qui mise sur l'éco-tourisme pour lutter contre la déforestation. Les forêts malgaches accueillent une faune et une flore impressionnantes mais servent aussi de réservoir d'eau et sont aussi des zones de culture de...riz qui est l'aliment de base. Les recettes touchées durant la visite de ces forêts permettent de construire des puits et des écoles...
Un projet d'éco-tourisme solidaire a vu le jour au Kenya (Afrique). Les touristes partent à la découverte d'une culture inconnue et le peuple Maasaï profitent des retombées économiques qui permettent ensuite de développer les villages et d'éduquer les enfants. Les touristes qui logent près des parcs animaliers de Serengeti et Maasaï Mara découvrent une faune abondante tout en respectant l'écosystème. Les habitations s'inspirent beaucoup de l'habitat local : recours au solaire ou à un jardin filtrant pour les eaux usées.

Dans ces contrées lointaines et parfois inviolées, la présence humaine est nuisible. Une des premières nuisances est la gestion des déchets. Ces sites ne sont pas équipés pour accueillir le tourisme de masse et les déchets en nombre. Les populations locales et rurales produisent des déchets mais ils sont naturels et biodégrables. Quant aux populations locales et urbaines, elles produisent des déchets qui, en revanche, ont une fâcheuse tendance à déjà polluer. En effet, ces pays ruraux ou urbains et non industrialisés ne sont pas aptes à trier et encore moins à recycler alors quand les touristes débarquent avec des tonnes de détritus, c'est la caca, c'est la cata, c'est la catastrophe.
Une autre pollution peut survenir quand les touristes utilisent des gels douche, des lessives, du shampooing et des démêlants qui vont se déverser dans des eaux, dont les infrastructures restent primaires voire nulles. Les eaux usées ne sont pas traitées et cette pollution peut nuire à la photosynthèse des végétaux marins. Quand nous préparons nos valises pensons-y ! N'emmenons pas trop de déchets, passons-nous de sacs plastiques et contentons-nous d'un simple savon de...Marseille ou de produits de toilette bio par exemple. Si nous ne pouvons pas faire autrement, il faut ramener ces déchets divers et non biodégradables et surtout ne pas les jeter n'importe où et les enterrer dans le sable, dans la neige ou sous terre. Car la décomposition de certains déchets peut prendre des années. Il faut aussi économiser l'eau qui est très rare dans certains pays qui souffrent de la sécheresse.
Le Canada et sa forêt mythique du Grand Ours ont également ouvert leurs portes à l'éco-tourisme. Ce réfuge pour les espèces menacées comme l'ours, l'aigle ou la baleine au large de ses côtes fut longtemps menacé par l'industrie du bois. En 2006, les autorités ont décidé de protéger deux millions d'hectares soit un tiers de sa superficie totale et ont aussi réglementé la coupe sur le reste du territoire. Le but de cette protection est de permettre aux espèces animales (comme le grizzly, l'ours brun, l'ours "esprit" à la fourrure blanc crème, le saumon sauvage, l'aigle et les loups) mais aussi aux espèces végétales comme les cèdres millénaires et les épicéas Sitka de vivre dans un havre de paix. Des écologistes ont mis en place des entreprises axées sur le développement durable et utilisent les connaissances des autochtones. L'économie locale, les services et la nourriture sont le plus souvent utilisés. Le tourisme écologique et équitable est donc privilégié dans cette région du Canada car il représente une source de revenus croissante pour près de 3.000 autochtones.
La France n'est pas en reste ! A Soustons (Landes), une école propose un hébergement et des cours de surf à la mode "développement durable". Par exemple, la chaleur du spa est obtenue grâce à l'énergie solaire et 5 % de remise sont offertes aux touristes qui viennent en train. L'hébergement, le comportement des touristes et le mode de transport peuvent parfois avoir des impacts néfastes sur l'environnement donc il faut que ces derniers adoptent des comportements éco-responsables. Au Natural Surf Lodge, la douche doit être prise rapidement et l'eau chaude provient du solaire ou de la géothermie. Le tri sélectif est appliqué et le petit déjeuner est...bio. La découverte de l'écosystème dunaire et le co-voiturage pour se rendre au village ou sur les plages sont bien entendu privilégiés.
Le tourisme "vert" vous permet aussi de parcourir la forêt tropicale du Costa Rica, de séjourner dans des casses au Sénégal ou encore partager la vie des moines dans un temple bouddhiste en Chine. Et la liste n'est pas exhaustice car le concept de l'éco-tourisme poursuit son petit bonhomme de chemin et certains tours-opérateurs l'ont bien compris.
Un petit rappel : le tourisme responsable doit avant tout se préoccuper de son impact sur la culture et la nature en respectant les populations locales, la faune et la flore. Il ne faut pas ramener d'animal mort ou vivant et il ne faut pas encourager le commerce de peaux, de fourrures, d'ivoire, d'écailles de tortue car certaines espèces animales sont menacées. Il ne faut pas aussi rapporter de plantes exotiques car certaines sont en voie de disparition ou font partie des espèces invasives.