| L'OR NOIR PORTE BIEN SON NOM... |
Un affolement général gagne aujourd'hui le monde car les prix du pétrole sont toujours en hausse. Le 3 juillet 2008, les prix de l'or noir, qui n'a jamais aussi bien porté son nom, ont dépassé les 145 dollars dans les échanges électroniques cotés en Asie. Le cours du brut a été multiplié par cinq depuis 2003.
Cette flambée des prix du pétrole signifie-t-elle que le monde a atteint un "peak oil", un pic de production qui serait dû à une diminution de la quantité du pétrole disponible en sous-sol ? Pour les experts, la problématique du "peak oil" n'explique pas l'augmentation des prix car aujourd'hui l'offre est suffisante pour satisfaire la demande. Cependant, cette flambée des prix pourrait refléter le problème à venir de l'adéquation entre l'offre et la demande.
Cette flambée des cours du
pétrole sème un vent de panique dans les foyers du monde entier et chez les professionnels (routiers, compagnies aériennes, pêcheurs...), qui sont bien entendu conscients que les taxes élevées sur les carburants amputent leurs pouvoir d'achat et leurs marges. La colère monte ! Des grèves et des manifestations se multiplient, en France, en Europe mais aussi dans le monde. Les
pays riches et pauvres sont concernés par cette crise pétrolière.
| DES BESOINS TOUJOURS CROISSANTS |
La demande pétrolière mondiale devrait continuer d'augmenter dans les trois prochaines décennies. Selon l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), cette croissance pourrait être de 60 % mais cette prévision est à mettre au conditionnel car il est difficile d'évaluer l'évolution des populations, des économies, des modes de vie, des technologies, voire les évolutions géopolitiques.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) dispense des conseils de politique énergétique à ses
pays membres qui s'emploient à assurer pour leurs citoyens des approvisionnements en énergie fiables, propres et à des prix abordables.
Fondée en 1974 après le premier choc pétrolier, l'AIE avait pour mission dans un premier temps de coordonner les mesures à prendre en temps de crise des approvisionnements pétroliers. Au fur et à mesure que les marchés de l'énergie évoluaient, l'AIE a elle aussi changé. Son mandat s'est élargi pour prendre en considération les « trois E » qui sont à la base d'une élaboration équilibrée des politiques énergétiques :
la sécurité énergétique, le développement économique et la soutenabilité environnementale. Les travaux actuels de l'Agence sont axés sur les politiques climatiques, la réforme des marchés, la coopération en matière de technologie de l'énergie et les relations avec le reste du monde, notamment avec de grands producteurs et consommateurs d'énergie tels la Chine, l'Inde, la Russie et les
pays de l'OPEP.
Les 190 personnes environ travaillant pour cette agence sont pour l'essentiel des experts en énergie et des statisticiens provenant des ses 27
pays membres. L'AIE mène un vaste programme de recherche dans le domaine de l'énergie, de collecte et d'établissement de données, de publications et de diffusion auprès du public des analyses les plus récentes des politiques énergétiques et de recommandations sur les bonnes pratiques.
L'Organisation des
pays exportateurs de
pétrole (OPEP) a été fondée en septembre 1960 dans le but de «coordonner et unifier les politiques pétrolières des États membres et de déterminer les meilleurs moyens de sauvegarder leurs intérêts, individuellement et collectivement».
Les
pays suivants en sont membres : Arabie saoudite, Irak, Iran, Koweït, Venezuela, Qatar, Indonésie, Libye, Émirats arabes unis, Algérie et Nigeria. L'Équateur et le Gabon s'en sont retirés respectivement en 1992 et 1996.
En février 2008, les
pays membres de l'Opep produisaient environ 32 millions de barils par jour, soit 40% de la production mondiale de
pétrole.
| OU SE NEGOCIE LE PRIX DU PETROLE ? |
Le baril de pétrole se négocie essentiellement sur trois grandes places financières : New York, Londres et Singapour.
New York : considérée comme la première bourse mondiale de l'énergie, le New York Merchantile Exchange (Nymex) a commencé à commercialiser le pétrole en 1983, pour donner plus de transparence aux prix. Ici s'échange le "light sweet crude", une qualité de pétrole léger et peu soufré produit à l'origine dans l'Etat du Texas. Le Nymex dispose encore d'un parquet ("corbeille") où ont lieu des échanges à la criée, même si 95% des échanges sont électroniques depuis 2006. Courtiers et traders louent une place soit à l'année, soit à long terme. L'essence, le gaz naturel, le fioul de chauffage, le gazole, l'uranium, l'or et d'autres matières premières telles que l'aluminium, l'argent et le platine s'achètent et se vendent également ici. On peut y négocier depuis février 2004 le pétrole Brent, vendu à Londres.
Londres : le pétrole Brent de la mer du Nord, plus chargé en soufre, est échangé sept jours sur sept sur la plate-forme d'échanges électroniques du London InterContinental Exchange (ICE). Le Brent de la mer du Nord désigne une qualité de pétrole et non une origine géographique. Il contient du pétrole extrait de la mer du Nord mais aussi du Moyen-Orient, d'Afrique (Nigeria) et de Russie. Il s'agit à l'origine du nom d'un gisement situé en mer du Nord mais c'est devenu le pétrole de référence en Europe-Méditerranée-Afrique.
Singapour : c'est la plaque tournante pour les échanges physiques pour la région asiatique. C'est en fonction du prix au comptant auquel s'échange le pétrole ici, qu'est déterminé celui des exportations de la plupart des pays de la région, selon les analystes.