La construction d'un oléoduc russe pourrait mettre en péril le tigre de l'Amour, qui vit dans la région de Sibérie, a déploré vendredi le Fonds mondial pour la nature (WWF). Le premier tronçon de l'oléoduc Sibérie-Pacifique, reliant Taïchet (Sibérie orientale) à Skovorodino (région de l'Amour, Extrême-Orient russe), a été mis en service le 28 décembre. Un deuxième tronçon de plus de 2.000 kilomètres doit encore être construit pour relier Skovorodino à la baie de Kozmino.
Et cette crainte est justifiée puisqu'une fuite de pétrole a eu lieu pendant les travaux réglementaires sur l'oléoduc. L'écoulement, qui s'est produit à 30 kilomètres de Lensk en Iakoutie (Sibérie orientale), s'élève à 300 m3 et s'étend sur deux kilomètres de long et dix mètres de large, a indiqué Igor Diomine, porte-parole des oléoducs Transnefts.
"L'accident majeur survenu sur le nouvel oléoduc Sibérie-Pacifique qui vient d'entrer en exploitation témoigne que le projet comportait des erreurs importantes en ce qui concerne la sécurité écologique" estime l'ONG. "Le WWF est inquiet de la construction future de l'oléoduc sur l'habitat du tigre de l'Amour" ajoute-t-elle.
Il ne reste plus qu'environ 450 tigres de l'Amour en Russie. Leur chasse est interdite depuis 1947. L'Extrême-Orient russe est l'habitat principal de ces félins les plus grands au monde, alors qu'il n'y en a que 20 à 25 en Chine.